Insomnie d’Automne: Le FLQ à travers Hamelin, Falardeau, et Camus

NOUS NE SOMMES PAS DE CE MONDE, NOUS SOMMES DES JUSTES.


 – Albert Camus [1]

Introduction

La Crise d’octobre 70 – caractérisée par l’enlèvement du diplomate britannique James Richard Cross et l’assassinat du ministre du Travail Pierre Laporte par des cellules felquistes, ainsi que par la Loi sur les mesures de guerres et les arrestations arbitraires – nourrit l’imaginaire québécois et les théories du complot. En effet, de Pierre Vallières à Louis Hamelin et de Michel Brault à Pierre Falardeau, les plumes et caméras nous racontent cette histoire et, depuis les années 1970, « les regards s’entrechoquent, des démentis surgissent, des mensonges ont la vie dure, des mystères flottent. » Comme l’a si bien dit Odile Tremblay: « À chacun son octobre. »[2]  

L’écrivain Louis Hamelin, obsédé par les évènements d’Octobre, fait des recherches durant des années sur le sujet, puis publie en 2010 son roman La Constellation du Lynx. Ce livre, fusion d’évènements historiques et fictifs entourant la Crise d’octobre, fut pour Hamelin « un outil de forage pour déterrer la vérité. »[3] Ainsi, à la fin de son roman, ce dernier écrit: « La Constellation du Lynx est une œuvre de fiction. Un travail de reconstitution pour lequel l’imaginaire romanesque a servi avant tout d’instrument d’investigation historique. L’histoire officieuse a été le mortier du romancier devant la façade pleine de trous d’une version officielle ne tenant pas debout. »[4]En fait, cette note d’auteur est d’une grande importance, puisqu’elle révèle l’intention du roman ainsi que la pensée de Louis Hamelin concernant la Crise d’octobre. Afin de démontrer les deux facettes de cette affirmation, l’analyse se basera sur un passage du roman La Constellation du Lynx ainsi que sur une séquence du film Octobre de Pierre Falardeau. L’objet de ces deux extraits évoque le mystère principal de la Crise d’octobre: la mort de Pierre Laporte.

La première partie de l’analyse se concentrera donc sur la construction narrative de chacun des deux extraits, confirmant ainsi les différences et similitudes dans les intentions de Falardeau et de Hamelin. La deuxième partie fera la lumière sur les choix idéologiques ainsi que sur les principaux thèmes que révèlent les œuvres en comparant les deux passages aux notes d’auteurs du film et du livre. Puis, afin d’approfondir l’analyse de la partie précédente, la troisième partie démontrera la corrélation entre les deux œuvres choisies, la philosophie d’Albert Camus (principalement sur l’éthique, la justice et la violence) et la pièce de théâtre Les Justes.  

Construction narrative : intentions des auteurs

La manière de raconter (ou de montrer), d’une part, la séquestration et la mort de Pierre Laporte, et, d’autre part, le dilemme auquel font face les membre du Front de Libération du Québec (FLQ), permet de déterminer les intentions de l’écrivain et du cinéaste. Une même histoire est racontée, mais de manière différente.

D’abord, dans le chapitre Ecce lynz du roman de Hamelin,[5] on retrouve les felquistes de la Cellule Chevalier, Richard Godefroid (alias Gode) et René Lafleur, ainsi que l’otage, Paul Lavoie (Pierre Laporte). Ils sont enfermés dans un bungalow de la Rive-Sud, l’otage s’est blessé en tentant de s’échapper, et les assaillants doivent prendre une décision: le tuer, le laisser partir ou s’enfuir et le laisser dans la maison. Puis, le lendemain matin, alors que Gode prépare du thé pour Lavoie, une sirène de voiture de police se fait entendre et Lavoie tente une deuxième fois de s’échapper. René et Gode réussissent à l’attraper et à le plaquer au sol, mais l’otage ne cesse de hurler et de se débattre. Finalement, le lecteur comprend que Lavoie meurt étouffé par accident: « Dans mes bras, je le tiens, la vie s’échappe, mais pas lui, mais plus la voix, après sous ma poitrine écrasée ça bougeait encore, mais comme un poisson, un filet de vie à n’en plus finir, le corps continue, tu le sens partir… »

Donc, ce chapitre contient deux éléments importants: le choix à faire concernant le sort de l’otage et la mort accidentelle de celui-ci. Cependant, les deux membres du FLQ ne délibèrent pas bien longtemps sur la manière de procéder. En effet, le fait que l’accent ne soit pas mis sur une description de la délibération des felquistes et qu’ils laissent même une journée passer, suggère qu’ils n’ont pas vraiment l’intention ou l’envie de le tuer. Ici, Hamelin met plutôt l’emphase sur la mort non-préméditée. Si l’on prend en considération la certitude qu’a l’auteur sur le fait que plusieurs éléments de l’histoire officielle d’Octobre 70 n’ont pas de sens, il est évident que l’intention de celui-ci est de dévoiler au lecteur qu’une mort accidentelle est une hypothèse logique.

Ensuite, dans Octobre, une séquence (deux scènes en simultané)[6] montre les membres de la Cellule Chénier: deux felquistes dans le bungalow surveillant Pierre Laporte (interprétés par Luc Picard et Denis Trudel) et deux dans la maison d’une amie (interprétés par Hugo Dubé et Pierre Rivard). Étant donné le choix d’omission des noms des felquistes dans le film, les noms des acteurs seront ici utilisés. Dans le bungalow, Picard et Trudel constatent que, suite à la promulgation de la Loi sur les mesures de guerre, au moins 300 personnes se sont fait arrêtés. Puis, Picard dit: « Là on est coincés. Là on est au bord. Pis si on saute pas, on perd la face. » Trudel lui répond: « Pas juste la face. On perd toute. » Picard, les larmes aux yeux, dit: Pis si on saute aussi l’monde y’accepteront jamais ça. Y faut le libérer… Y faut le libérer… »

L’autre scène en simultanée (chez une amie) s’ouvre sur Dubé qui dit avec enthousiasme: « Faut leur montrer qu’on peut résister, qu’il y a de l’espoir! Faut leur montrer qu’on est sérieux! On la veut tu l’indépendance? On veut tu qu’les choses changent, oui ou non? Pis ça, y’a un prix à payer, va falloir se battre (…) » Puis, affolé, Rivard rétorque: « On n’a pas l’droit d’tuer quelqu’un pour des idées politiques! On n’est pas en guerre. » L’autre lui répond que oui, ils sont en guerre. Rivard lui explique: « Quand j’ai embarqué avec vous autres, vous parliez d’la justice, d’la liberté, d’la vie (…) Pis là vous êtes prêt à… (Pause) T’es donc ben rendu dur… » Puis, la scène finie avec Dubé qui dit: « Chu dur? Ouais, chu dur. Parce que c’est dur. J’pas sûr d’avoir raison. Si tu savais comment j’pas sûr…Mais au fond d’moi, comprends-tu, y’a quelque chose qui m’dit qu’on n’a pas l’droit de reculer, qu’on est responsables de c’qu’on a commencé. Res-pon-sable. »

De retour à la scène du bungalow, les deux hommes semblent complètement déchirés. Ils délibèrent sur la manière de tuer Pierre Laporte (marteau, fusil ou corde), puis corde à la main, en arrivent à la conclusion qu’ils ne sont pas capables. Ils ont tous les deux les larmes aux yeux. Plus tard, la caméra est posée sur la cuisine et les acteurs sortent du plan. Un long moment s’écoule. Ils reviennent dans le plan, visiblement accablés, puis le téléphone sonne. Picard répond et dit: « C’est faite. » Le spectateur n’a rien vu, ni entendu.  

 La construction narrative chez Falardeau est donc axée sur le dilemme moral des ravisseurs. Basé sur le livre Pour en finir avec Octobre de Francis Simard, l’ancien membre du FLQ, l’intention du cinéaste est donc de relater les évènements du point de vue de la Cellule Chénier. Son but est d’humaniser les membres, de montrer qu’ils avaient peur, qu’ils ont douté d’eux-mêmes et des moyens employés pour arriver à leurs fins. Son but, comme mentionné au début du film, est de montrer la vérité aux spectateurs. Pourtant, son choix de ne pas montrer la scène du meurtre peut laisser place à interprétation. En effet, on ne les voit pas tuer Laporte et on n’entend rien. Le spectateur ne peut que déduire, supposer, qu’il est mort assassiné. Et, encore plus éloquent est l’emphase sur le mot « responsable », dans le dialogue, mais aussi à la fin du film, lorsqu’un texte nous explique qu’au moment de leur procès, les felquistes se sont déclarés responsables, et non coupables.   

Enfin, si l’on compare la construction narrative des deux extraits, on y retrouve des similitudes et des différences importantes. Les deux sont basés sur le témoignage de Francis Simard et les deux nous font comprendre, par le huis-clos, le point de vue des felquistes. De plus, tant Hamelin que Falardeau semblent démontrer une certaine sympathie pour le groupe, puisqu’ils en ont fait les sujets de leurs œuvres et qu’ils ne les démonisent pas. En revanche, le premier en vient à la conclusion que c’est un accident, alors que l’autre nous fait comprendre, malgré certaines ambiguïtés (qui à mon avis sont calculées), que c’est un meurtre. Hamelin nous dit son hypothèse, alors que Falardeau nous montre « la vérité » selon Simard. Par le fait même, ces deux passages nous confirment le message principal de la note d’auteur de Louis Hamelin: l’histoire officielle, même celle de Simard, n’est pas claire.

Choix idéologiques et thèmes principaux

Le premier thème important présent dans les deux œuvres est celui de l’Histoire. Au début du film Octobre, le spectateur peut lire: « Ce film raconte une histoire vraie, basée non pas sur une reconstitution d’époque, mais sur le respect des faits et des hommes. »[7] Cette note d’auteur représente donc l’opposé de celle d’Hamelin, qui nous dit que son roman est une œuvre de fiction servant « avant tout d’instrument d’investigation historique. » En effet, Falardeau semble dire qu’il détient l’ultime vérité, et que le film n’est pas une tentative de reconstitution des évènements. Par contraste, Hamelin nous dit qu’il ne détient pas la vérité (seulement des hypothèses), et que le livre est une tentative de reconstitution des faits. Falardeau reste donc fidèle à la version de Simard, ou à l’Histoire officielle, alors qu’Hamelin s’en détourne par choix à plusieurs reprises. En définitive, raconter l’histoire de la Crise d’octobre est importante pour les deux hommes, mais ils en ont une vision différente.

En fait, la façon d’aborder cette histoire dans les deux extraits révèle aussi des choix idéologiques. Comme mentionné précédemment, Hamelin et Falardeau semblent sympathiques à la cause du FLQ et utilisent divers moyens pour tenter de la séparer de la mort de Pierre Laporte. Cette cause, dont le but est d’obtenir l’indépendance du Québec et ainsi d’affranchir un peuple soumis, a mené les felquistes à commettre des gestes graves. Cependant, sans pour autant minimiser l’impact de ces gestes, l’idéologie politique du souverainisme (et du séparatisme) se fait sentir chez les deux auteurs par leur façon d’interpréter et de raconter les évènements entourant la mort de Laporte. Falardeau nous montre des felquistes tristes et sensibles, Hamelin nous décrit une mort accidentelle. Donc, les deux nous présentent le dilemme auquel la Cellule Chénier a fait face avant la mort de l’otage. En conséquence, pour revenir à la note d’auteur de Hamelin et au chapitre Ecce lynz, il est possible de conclure que son obsession pour Octobre ainsi que son refus de croire à l’histoire officielle démontre qu’il est convaincu que de tuer Pierre Laporte n’aurait fait que nuire à la cause de l’indépendance (ce qui est effectivement le cas). Pour les mêmes raisons, il est aussi possible d’avancer que Falardeau a choisi de laisser quelques ambiguïtés dans son film pour les mêmes raisons, ou plus précisément parce que le livre de Simard comporte lui-même des ambiguïtés. 

Cela nous mène donc au deuxième thème important dans les extraits choisis et dans les œuvres en général: l’éthique. Dans l’extrait de La Constellation du Lynx, lorsque Gode voit l’état dans lequel se trouve Lavoie (Laporte), il dit à René: « On peut pas le laisser comme ça… » [8] Toutefois, René pense que de tuer Lavoie serait la meilleure solution. Gode lui fait alors part de son idée: « On le libère. On le laisse partir… Ou bien on le laisse ici et on déguedine au plus crisse. »[9] Tous ces choix impliquent de le laisser vivre. Ce n’est que la journée d’après que l’otage meurt par accident aux mains des ravisseurs. Ils avaient donc un dilemme moral (le tuer ou non), mais n’ont jamais décidé de passer à l’acte.

D’ailleurs, on retrouve le même dilemme moral dans la séquence du film Octobre, mais de manière plus soutenue. En effet, dans les deux scènes se trouvent deux hommes face à face qui discutent du choix qu’ils doivent faire. La grande question se révèle alors aux spectateurs: la fin justifie-t-elle les moyens? Il est évident que deux felquistes (joués par Picard et Rivard) pensent que non, et que les deux autres pensent que oui, malgré leur détresse apparente. Ainsi, le thème de l’éthique se fait sentir dans les deux extraits, mais aussi dans les notes d’auteurs: chez Falardeau, dans la phrase « respect des faits et des hommes », puis chez Hamelin, dans son jugement de la version officielle de l’histoire. Néanmoins, ce qui est encore plus éloquent de la présence du thème de l’éthique et, qui ramène par le fait même aux choix idéologiques dans les deux œuvres, est qu’Albert Camus est cité dans le livre en dans le film.   

Hamelin, Falardeau et Camus

À la suite de cette analyse, il est certain qu’il y a un lien entre les œuvres, la philosophie d’Albert Camus – en ce qui a trait à l’éthique, la justice et la violence – et la pièce de théâtre Les Justes.

D’une part, et de manière plus générale la pièce de théâtre Les Justes raconte elle aussi la vraie histoire d’un groupe terroriste russe en 1905. Ils organisent un attentat contre le Grand-duc, et le dilemme moral est aussi l’objet de cette pièce. La narration des trois œuvres est donc très reliée, puisqu’elle se base sur des faits historiques. De plus, l’éthique de la justice et de la violence est très présente chez Camus, tout comme chez Falardeau et Hamelin, ce qui montre des similitudes idéologiques.

En effet, Hamelin cite ou mentionne à plusieurs reprises des passages de la pièce de théâtre Les Justes dans son roman. Dans l’histoire de La Constellation du Lynx, Marie-Québec, la conjointe du personnage principal, Samuel Nihilo, joue même un rôle dans cette pièce de théâtre. Il est clair que l’auteur fait un clin-d’œil aux lecteurs et qu’il tente de leur faire comprendre que la Crise d’octobre s’apparente à d’autres histoires vécues par des révolutionnaires, comme ceux que l’on retrouve dans la grande pièce d’Albert Camus. Cela suggère aussi qu’il entreprend le même travail que Camus, puisque ce dernier a écrit cette pièce afin de raconter cet évènement historique de la Russie, mais aussi « pour rendre hommage à ces âmes exceptionnelles. »[10]

Ensuite, Falardeau écrit dans le texte de présentation du film (ou note d’auteur): « nécessaire et injustifiable, » qui est une citation de Camus. Effectivement, pour Camus, « la violence, bien qu’elle soit inévitable, est toujours moralement injustifiable. »[11] Donc, selon cette philosophie de l’éthique, lorsque l’on se retrouve devant une situation inévitable de recours à la force, « les moyens utilisés ne doivent pas dépasser les limites qu’impose au bourreau et à sa victime la reconnaissance de l’humanité commune qui les unit. »[12] En résumé, la fin de justifie pas les moyens. Ce choix de citation au début du film évoque donc un besoin pour Falardeau de dire aux spectateurs qu’il croit en effet que le FLQ n’avait pas le choix de prendre des mesures aussi drastiques, mais que le résultat n’était pas moralement justifiable.   

D’autre part, les notes d’auteurs des trois œuvres sont invraisemblablement similaires. Ici, celle de Hamelin comporte deux phrases clés: « La Constellation du Lynx est une œuvre de fiction. Un travail de reconstitution pour lequel l’imagination romanesque a servi avant tout d’investigation historique. » De même, celle de Falardeau est complètement à l’opposé tout en révélant un but commun: « Ce film raconte une histoire vraie, basée non pas sur une reconstitution d’époque, mais sur le respect des faits et des hommes. » Ce but commun qu’est celui de l’honnêteté intellectuelle (en utilisant comme instrument la fiction et/ou la réalité), est aussi présent dans la note d’auteur de Camus:

Si extraordinaires que puissent paraître, en effet, certaines des situations de cette pièce, elles sont pourtant historiques. Ceci ne veut pas dire, on le verra d’ailleurs, que Les Justes soient une pièce historique. Mais tous les personnages ont réellement existé et se sont conduits comme je le dis. J’ai seulement tâché à rendre vraisemblable ce qui était déjà vrai.[13]

Étant donné que les auteurs mentionnent tous les trois un désir de faire la lumière sur des faits historiques, le dénominateur commun reliant ces trois extraits est donc l’histoire. Hamelin se penche sur la fiction, Falardeau sur la réalité, et Camus (avec évidemment sa petite touche d’absurde) semble nous dire de ne pas trop le croire sur parole, malgré le fait qu’il nous assure qu’il dit la vérité. Toutefois, on peut aussi présumer que les trois utilisent tant la réalité que la fiction! 

Les notes d’auteurs représentent donc les noyaux des trois œuvres, puisqu’elles expliquent les intentions des auteurs ainsi que leurs idéologies/pensées en ce qui a trait aux évènements illustrés. Puis, ces trois noyaux se rejoignent principalement par le thème de l’histoire et par le souci de rendre justice aux faits historiques. Si bien que, en analysant les deux extraits choisis dans Octobre et La Constellation du Lynx et en les comparant à la pièce Les Justes on ne peut qu’y voir des liens.

Conclusion

En conclusion, le but de cette analyse était d’interpréter la note d’auteur de Louis Hamelin. Nous avons vu que celle-ci a deux facettes: elle révèle l’intention du roman et elle démontre l’opinion de l’écrivain sur l’histoire officielle de la Crise d’octobre 70. En un premier temps, la comparaison d’un extrait de La Constellation du Lynx, de Hamelin, avec une séquence tirée de Octobre, de Pierre Falardeau, a servi à élucider les intentions derrière les œuvres. En un deuxième temps, en juxtaposant les deux notes d’auteurs aux deux extraits, cet essai a fait la lumière sur les choix idéologiques ainsi que sur les thèmes principaux du roman et du film. Puis, afin d’approfondir l’analyse de la partie précédente, la troisième partie a fait des liens entre les deux œuvres choisies, la philosophie d’Albert Camus et la pièce de théâtre Les Justes.

Il y a plusieurs façons de voir l’Histoire. Si l’on suit la théorie de Tolstoï, l’histoire se construit par une accumulation de petits faits indépendants, chaotiques, qui s’additionnent pour ensuite former un tout.[14] L’histoire de la Crise d’octobre fonctionne parfaitement avec cette théorie: plusieurs évènements se sont entrechoqués (Cellules, attentats, Loi sur les mesures de guerre, arrestations arbitraires, etc.), par hasard ou non, pour ensuite former un tout. C’est ce qu’Hamelin a choisi de nous montrer avec son roman, et c’est ce qu’il nous explique dans sa note d’auteur. Pour cette raison, il fut intéressant de se pencher sur Falardeau afin de voir une autre façon de raconter cette histoire, ainsi que sur Albert Camus et sur sa pièce de théâtre, qui à mon avis, relie bien les deux autres œuvres ensembles.  


[1]. Albert Camus, Les justes (Paris: Gallimard, 1950), 88.
[2]. Odile Tremblay, « À chacun son Octobre, » Le Devoir (2010), https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/297315/a-chacun-son-octobre.
[3]. Alain Farah, « La pensée de Louis Hamelin » (Cours magistral, Université McGill, Montréal, 14 février 2019).
[4]. Louis Hamelin, La Constellation du Lynx (Montréal: Boréal, 2010), 595.
[5]. Louis Hamelin, La Constellation du Lynx (Montréal: Boréal, 2010), 546-550.
[6]. Octobre, Pierre Falardeau (1994; Montréal, QC: Association coopérative) 1:23:23, DVD.
[7]. Ibid.
[8]. Louis Hamelin, La Constellation du Lynx (Montréal: Boréal, 2010), 547.
[9]. Ibid., 548.
[10]. Albert Camus, Les justes (Paris: Gallimard, 1950), note d’auteur.
[11]. Yves Trottier, « Les limites de la violence; Analyse de la conception d’Albert Camus, » (Mémoire de M. Sc., Université de Montréal, 2004): 115.
[12]. Ibid.
[13]. Albert Camus, Les justes (Paris: Gallimard, 1950), note d’auteur.
[14]. Alain Farah, « La pensée de Louis Hamelin » (Cours magistral, Université McGill, Montréal, 14 février 2019).

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